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Pourquoi j'adore designer pour les femmes ?

Hier soir, je discutais avec une amie. Une conversation simple, presque anodine, qui a pourtant mis des mots sur une réflexion que je porte depuis longtemps.


Cela fait maintenant trois ans que je pense et dessine mes créations. Et force est de constater que mes propositions les plus audacieuses sont presque toujours adressées aux femmes.


Premièrement, la mode féminine me semble ne connaître que très peu de limites. Si limites il y a, elles ne sont pas techniques, mais sociales, culturelles et morales imposées par l’époque et la société dans lesquelles nous évoluons. Hormis cela, tout semble possible. Designer des bottes aux imprimés léopard, imaginer de longues jupes bohèmes, créer des vestes crop en similicuir inspirées des années 90, ou encore dessiner des chemises cintrées qui soulignent le corps féminin : tout cela représente, à mes yeux, un vaste terrain de jeu. Je m’y amuse beaucoup.

Je prends un plaisir immense à travailler pour la femmes. Je vois cela comme un espace ouvert, presque sans horizon moral. Un champ d’exploration qui ne demande qu’à être exploré.


Deuxièmement, je n’ai pas retrouvé cette même sensation dans la mode masculine. Chez l’homme, le champ des possibles me semble plus restreint. Peut-être parce que le vêtement n’y joue pas le même rôle. Peut-être parce que les attentes sociales autour de l’apparence masculine sont différentes, plus normées, plus contenues.

Cela ne veut pas dire que la mode masculine m’ennuie profondément. En fait, elle ne me dérange pas, mais elle ne m’amuse pas non plus. Lorsque je dessine pour l’homme, j’ai souvent l’impression de travailler au sens strict du terme. Alors que lorsque je crée pour les femmes, il y a quelque chose de ludique. Une différence de rapport, tout simplement.


Pourtant, vous l’aurez remarqué : pour les débuts de la marque, j’ai fait le choix de proposer des pièces unisexes, capables de toucher aussi bien les hommes que les femmes. Mais il serait malhonnête de prétendre que ces vêtements ont été pensés de manière parfaitement neutre. En réalité, j’ai toujours porté une attention particulière à la façon dont ils épousent le corps féminin. Consciemment ou non, mon objectif reste le même : sublimer le corps des femmes.

J’aimerais réfléchir et inviter à réfléchir à de nouvelles manières pour les femmes de s’approprier certaines pièces dites unisexes. Les détourner. Les réinterpréter. Les habiter autrement. Cette intention, je crois, transparaît dans nos productions visuelles, notamment sur notre compte Instagram.


Troisièmement, il existe, à mon sens, une différence incontestable entre la mode féminine et la mode masculine en termes de liberté et de possibilités. On peut se demander si les hommes ne sont pas, dès le départ, conditionnés à accorder moins d’attention à leur manière de s’habiller. Cela dit, je ne cherche pas à prolonger ou à accentuer le travail d’indifférenciation mené par de nombreuses maisons de couture au cours des décennies passées. Ce travail a été important, parfois brillant. Je ne souhaite pas particulièrement effacer la frontière entre la mode masculine et la mode féminine. D’autres le font déjà mieux que moi.


Enfin, aujourd’hui, certaines de mes créations les plus radicales, les plus exotiques, ne peuvent tout simplement pas être commercialisées. Non par manque de conviction, mais en raison de la complexité technique et du coût qu’elles représenteraient.


Votre ami Salomon.


 
 
 

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