Pourquoi je déteste la mode actuelle et les réseaux sociaux ?
- Salomon

- 11 janv.
- 2 min de lecture
Il n’y a pas un jour sans qu’une nouvelle marque « indépendante » n’émerge, ni un jour sans qu’une marque commercialise le "jogging gris parfait qui tombe bien sur la paire". Tout cela m’apparaît d’un ennui mortel. Et les réseaux sociaux portent une bien lourde responsabilité dans cette saturation.
Nous vivons une ère où la consommation n’est plus le fruit d’un choix réfléchi ou d’un besoin réel, mais le résultat d’un scroll compulsif sur TikTok. Je déteste TikTok. Je déteste ces algorithmes qui contraignent les créateurs à placer des hooks accrocheurs en début de vidéo pour retenir l’attention d’un public conditionné à la dopamine instantanée. Qui aujourd'hui est capable de lire un article de blog comme celui la en entier ? Nous ne créons plus parce que cela nous plaît ni parce que créer a du sens, mais parce que l’attention est devenue le nouvel or blanc de ce siècle.
Les productions audiovisuelles ne cherchent plus qu’à capter les trois premières secondes d’un cerveau habitué à l’hyperstimulation. Ce mal est terrible pour notre génération car la mort de l’attention entraîne celle de l’originalité. Par conséquent, les vidéos se ressemblent, saturées d’informations. Nous avons perdu l’amour du lent, de la douceur, du calme. Évoluer différemment dans cet environnement est un combat de chaque instant. J'ai déjà personnellement quitté les réseaux sociaux mais je garde inéluctablement une relation avec ceux ci du fait de ma marque de vêtement.
J’aime la lenteur, le sens, le calme et le piano. Je déteste l’ère des réseaux, l’ère des marques indépendantes… et je crois même que je déteste de plus en plus le streetwear. Non pas que je le déteste vraiment, mais parce qu’aujourd’hui, le streetwear ne veut plus rien dire. Ce qui était initialement une expression des cultures urbaines, hip-hop, graffiti portée par des communautés marginalisées notamment afro et latino est devenu le fond de commerce de marques opportunistes. À l’origine, il incarnait une identité rebelle, accessible et authentique. Aujourd’hui, il est récupéré par le luxe, standardisé, vidé de son âme, réduit à un produit marketing sans cet esprit communautaire. C’est en ce sens que je déteste ce que le streetwear est devenu. J'éprouve un mal profond a cause de tout cela.
Tout de même, je ne crois pas me tromper en affirmant que je n’ai que faire de cette tendance actuelle à l’hyperstimulation. Je crois l’avoir compris au moment où, moi aussi, j’ai inconsciemment essayé de m’y conformer. À ce moment là, je ressentais un dégoût profond pour mes travaux. Il fallait donc un changement. Il me fallait revenir à ce que je suis vraiment. Un jeune homme qui aime la lenteur, le sens, le calme et le piano.
Votre ami Salomon.


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