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Les designers doivent-ils encore savoir dessiner ?

Le temps où des designers comme Karl Lagerfeld passaient leur temps à dessiner sur papier, à raturer et à corriger manuellement leurs créations semble désormais révolu. Les outils numériques de design, et plus récemment le développement de l’intelligence artificielle, y sont pour beaucoup. Mais est-ce vraiment une mauvaise chose ?


Il serait insensé de considérer que les outils numériques, comme Adobe Photoshop, Canva ou d’autres logiciels, nuisent à la créativité. Bien au contraire, ils élargissent le champ des possibles de manière plus rapide et plus efficace. Ils permettent des gains de temps considérables, et je m’en rends compte chaque jour. C’est aussi bien plus pratique pour partager mes créations avec nos partenaires, fournisseurs et équipes. La technologie a indéniablement démocratisé l’accès au design, rendant la collaboration plus fluide et les ajustements plus immédiats.


Pourtant, au-delà de l’efficacité, une question persiste : qu’en est-il de l’essence même du métier de designer ? N’est-ce pas là l’essentiel : créer, quelle que soit la méthode employée ? Alors, en quoi la numérisation serait-elle dangereuse pour l’industrie de la mode ?

À mon humble avis, le vrai défi réside dans l’équilibre entre l’utile et le nécessaire. Pour moi, un designer reste avant tout quelqu’un qui sait dessiner sur papier, sans dépendre d’un écran. Cette compétence fondamentale garantit une liberté créative absolue. Avec une feuille et un crayon, aucune limite technique ne vient entraver l’inspiration. Chez Samaritain Store, je m’efforce de préserver ce lien avec l’encre et le papier, même si le numérique prend une place très importante.


Cette dualité n’est pas un hasard, mais un choix réfléchi. Si demain, pour une raison quelconque, je n’ai plus accès à certains outils numériques, mes carnets et croquis resteront intacts. Et si j’égare mes croquis, je pourrai toujours me reposer sur le numérique.

Tout ne peut pas être conçu uniquement sur écran. Les logiciels, même les plus performants, ont tendance à uniformiser les idées ou à m’imposer des contraintes que je ne vois pas toujours sur le moment. Quand je dessine un motif à la main, il y a une spontanéité qu’un simple clic de souris ne peut pas reproduire. Certains outils, comme l’iPad Pro avec Procreate, me permettent de garder la gestuelle et l’émotion du trait manuel, tout en profitant des avantages du numérique. Vous comprenez donc que ces outils ne remplacent pas l’apprentissage du dessin traditionnel, mais le complètent. Tant que je sais dessiner sur papier, je reste libre. Pas besoin d’abonnement, pas besoin de mise à jour. Juste un crayon, une feuille et mes idées. Et ça, aucun logiciel ne pourra me l’enlever.


Le monde hyperconnecté dans lequel nous vivons rend un retour en arrière impossible, mais aussi indésirable. Les avancées technologiques offrent des opportunités incroyables, comme la modélisation 3D ou l’impression de prototypes en temps réel. La solution ne réside pas dans le rejet de la technologie, mais dans une complémentarité intelligente. Apprendre à dessiner est utile, et utiliser la technologie est nécessaire. Ou inversement : apprendre à dessiner est nécessaire, et utiliser la technologie est utile.


En définitive, le dessin à la main et le design numérique ne sont pas antagonistes, mais complémentaires. L’un nourrit l’autre. Notre mission, en tant que designers, est de trouver cet équilibre : utiliser la technologie sans en devenir esclave, et préserver l’artisanat sans rejeter le progrès. C’est dans cette alchimie que naissent les créations les plus abouties.


Votre ami Salomon

 
 
 

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